John Carpenter, le réalisateur culte vampirisé par Hollywood

Avec l’annonce de l’éventuelle arrivée de Robert Rodriguez aux manettes du remake du cultissime “New York 1997”, un nouveau pavé est lancé dans la mare de remakes. Et à ce petit jeu, John Carpenter est cordialement vampirisé par Hollywood…

1. Le film original "Assaut" sorti en 1978, et son remake réalisé par le français Jean-François Richet.
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© The CKK Corporation / Metropolitan FilmExport

Si vous êtes un fan de Big John, l’information ne vous a certainement pas échappée. Robert Rodriguez devrait prendre les commandes du remake de son cultissime film New York 1997. Et même si c’est Carpenter Himself qui a lâché l’information sur son compte Twitter, expliquant même “qu’il était ravi [et que] Robert Rodriguez est un très bon cinéaste” et qu’il officiera en tant que producteur délégué, la pilule a quand même un peu de mal à passer pour ceux qui vénèrent le film qui a fait passer l’anti-héros Snake Plissken, alias Kurt Russell, à la postérité. Oui, plus rien n’est sacré à Hollywood, et ce n’est pas prêt de s’arranger. Cela dit, on pourra toujours objecter en disant que Carpenter a lui-même pratiqué l’art du remake avec The Thing, remake de la Chose d’un autre monde d’Howard Hawks, ainsi que Le Village des damnés, remake d’un classique de 1960 signé Wolf Rilla.

Quoi qu’il en soit, depuis quelques années maintenant, John Carpenter a pris l’habitude de voir défiler sur le pas de sa porte les producteurs, venus tenter de le convaincre du bien fondé de Remakes / Prequel de certaines de ses (chefs d’) oeuvres. Un défilé qui devient du reste aussi nourri que celui devant la porte de son confrère Paul Verhoeven, qui est quant à lui littéralement pillé. En 2005, Assaut sur le central 13 donnait le coup d’envoi des remakes de la filmographie de Carpenter. Et si à ce jour il n’y a eu “que” quatre de ses films qui ont fait l’objet d’un remake dont Halloween (et même si le The Thing de 2011 est pensé comme un Prequel), c’est sans compter les annonces d’une nouvelle version de son film culte Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin, ainsi que celle faite en 2016 d’un remake de son film de SF Starman, que Shawn Levy est supposé réaliser.

Snake Plissken, matrice des anti-héros Badass

Mais là, devant un tel monument du genre qu’est New York 1997, on s’aventure en terrain miné. On parle quand même d’un film dont le cultissime personnage central, Snake Plissken, est devenu une icône, la matrice des anti-héros Badass par excellence, ayant toujours une punchline qui tue dans sa besace, une source d’inspiration pour toute une génération de cinéastes, et même de Game Designers dans l’industrie des jeux vidéo (Hideo Kojima, au hasard). Le croisement génial et absolu entre le flegmme d’un Clint Eastwood qui aurait rencontré un Hell’s Angels. Une incarnation qui doit aussi évidemment beaucoup à son interprète, Kurt Russell.

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New York 1997, une oeuvre de la contre-culture, cynique, chère au coeur de Carpenter : il avait écrit le premier script du film en 1976, dans la foulée des affres du scandale du Watergate. Comme il le disait lui-même : “A cette époque, le sentiment global de la nation envers le président était d’un cynisme absolu”. Ironiquement d’ailleurs, les studios ne voulaient initialement pas de son script, jugé trop violent, effrayant ou tordu. Ce sont les succès d’Halloween et de Fog qui permirent à Carpenter de reçevoir une enveloppe de 6 millions de $ pour réaliser Escape From New York.

Ci-dessous, pour le plaisir et mesurer le degré de badassitude du personnage Plissken, un petit extrait du film… “Call me Snake !”

 

Batman / Snake Plissken : même combat

On parle depuis depuis plusieurs années de cette nouvelle version de New York 1997. Pendant longtemps, c’est le producteur Joel Silver qui a d’ailleurs eu la main dessus. Sentant (déjà) venir la fronde du côté des fans, ce dernier se défendait d’ailleurs de vouloir faire un Remake, mais un Prequel, réalisé par Len Wiseman et dont le scénario était alors écrit par Jonathan Mostow. Qui n’a du reste pas un cursus déshonorant, mais qui a clairement montré avec Terminator 3 qu’il rentrait difficilement dans les souliers de James Cameron, sans parler de ceux de John Carpenter…

Puis Joel Silver est rapidement passé de l’idée de Prequel à celle d’une trilogie, en prenant comme point de comparaison la brillante trilogie vidéoludique des Batman Arkham créée par le studio de développement Rocksteady et édité par Warner Bros. Game. “J’ai toujours aimé le personnage de Snake Plissken. C’est un personnage intéressant, qui mériterait d’avoir sa propre saga. On a de quoi développer au moins une trilogie” expliquait le producteur au site US Collider en 2014. “Vous connaissez Arkham City ? Le jeu où on découvre comment une partie de Gotham s’est transformée en prison à ciel ouvert ? Dans New York 1997, personne n’explique comment la ville a pu être autant transformée. Donc l’idée, ce serait de raconter ça, de détailler la manière dont Snake est devenu un héros, puis comment il a été déchu. Et un peu plus tard, on reviendrait sur l’enlèvement de la fille du président et sur ce qu’on voit dans le premier film : comment Plissken est envoyé dans la prison pour la sauver. Après cette histoire, il y a eu une suite, Los Angeles 2013, mais j’aimerais trouver un moyen pour que la nouvelle trilogie se déroule à New York. Ce n’est que le début, là ce ne sont que les grandes lignes”.

Il n’est / était de toute façon pas question de faire reprendre le rôle à Kurt Russell, désormais âgé de 66 ans. Qu’importe au fond si Harrison Ford accepta de rempiler pour un 4e volet Indiana Jones, et bondissait comme un gymnaste alors qu’il avait justement 66 ans… Du coup pour reprendre le flambeau dans le film de Carpenter, on a évoqué pêle-mêle les noms de Timothy Olyphant, Bradley Cooper, Gerard Butler, Josh Brolin, Jeremy Renner, Jason Statham ou encore Tom Hardy; ces deux derniers ayant semble-t-il eu les faveurs de Joel Silver. Depuis, ce dernier a quitté le navire, tandis que le scénario est repris en main par Neil Cross, le créateur notamment de la série Luther où officie Idris Elba. S’il n’est pas question de contester son talent, force est de reconnaître qu’il va quand même lui en falloir une sacrée dose pour se hisser à la hauteur de son illustre et glorieux aîné. Vous prenez les paris ?

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